Le L.E.G.
Les enjeux du Laboratoire d’expérimentation graphique
de l’École Estienne

Le Laboratoire d’expérimentation graphique (LEG) existe depuis 1989 au sein de l’École Estienne. Y sont enseignés les savoir-faire traditionnels d’impression : typographie au plomb et bois, lithographie, sérigraphie, xylographie et linogravure. Les métiers d’art et le design éditorial contemporain se mêlent et s’enrichissent réciproquement : cette démarche vise à la production d’œuvres multiples et reproductibles, où les techniques utilisées sont elles-mêmes des territoires de réflexion et des sources d’innovation.
Le matériau textuel y est métamorphosé et recomposé sous une forme inédite, qui tient de l’objet-livre autant que du livre-objet, pensé comme un objet de design. Le LEG autorise un questionnement très ouvert de l’objet livre. Ces ouvrages sont tirés à 20 ou 30 exemplaires.
La typographie au plomb est depuis toujours enseignée à l’École Estienne, mais son utilisation s’est transformée au fil du temps et de l’évolution des techniques. Pour toute maquette/livre courant, c’est l’ordinateur qui prévaut. La typographie au plomb est désormais réservée aux éditions d’art, qu’il s’agisse de plaquettes ou de livres. L’étudiant compose une forme imprimante, c’est-à-dire une construction complexe de morceaux de plomb qui peuvent être aussi bien des lettres que des signes ou des ornements typographiques, choisis en fonction de la page qu’il veut créer, parmi les nombreuses « casses » du LEG. Ensuite, c’est sur une presse typographique que se fait l’impression .
La lithographie consiste à reporter sur une pierre un dessin ou un cliché. L’étudiant.e reporte son dessin à l’envers sur la pierre avec un fusain, généralement il dessine sur papier puis utilise un calque pour renverser l’image, puis dessine avec différents outils selon le rendu souhaité : crayon gras, plume, lavis, etc ; ensuite la pierre est posée sur une presse lithographique et l’impression commence avec des encres de différentes couleurs, posées au rouleau.
La sérigraphie est un procédé d’impression qui consiste à préparer autant d’écrans de soie (polyester) qu’il y a de formes et de couleurs à imprimer. Les écrans enduits d’une émulsion photosensible sont insolés grâce aux typons (dessin opaque sur support transport) conçus par l’étudiant.e ; l’impression se fait à l’aide d’une raclette qui permet, par pression régulière, de faire passer l’encre à travers la maille de l’écran sur le support à imprimer ; puis les différents tirages sont mis à sécher sur des claies.
Les étudiants en Diplôme National de Métiers d’Art et Design (DNMADe) de la mention Livre aux quatre parcours suivants :
- DN MADE – Gravure – images imprimées
- DN MADE – Images et narration
- DN MADE – Objet-Livre Création éditoriale
- DN MADE – Reliure – création et patrimoine explorent les possibilités de création qu’offre la synergie de ces techniques d’impression.
Les livres produits permettent d’évoquer les différentes mutations techniques, intellectuelles et économiques que ce dernier a connu. Il montre aussi en quoi les pratiques d’écriture et d’édition contemporaines sont compatibles avec des machines et des procédures qui ne sont pas seulement un patrimoine historique.
Les métiers d’art sont ici des moyens pour incarner/matérialiser la pensée créatrice, et amener une compréhension fine des enjeux de chaque projet. Le LEG offre cette possibilité au concepteur/producteur une intervention sur chacune des étapes de la production du livre et donc à chaque fois d’y investir un sens, d’affûter son regard et de perfectionner ses gestes.



D’autres parcours ont l’occasion d’expérimenter au LEG dans des enseignements réguliers ou workshops ponctuels :
